Le 3 février , Luc Chandler, pasteur à la retraite, s’est endormi paisiblement chez lui dans l’espérance de la résurrection au retour du Christ. À la cérémonie de funérailles qui honora sa mémoire, pasteur Thélor Lambert, le président de la Fédération adventiste de la Martinique, déclara : « Il a été un géant et un visionnaire pour le développement de l’œuvre aux Antilles et en Guyane françaises », ainsi que dans l’hexagone. En effet, Luc Chandler a été un champion de l’œuvre des publications et un pionnier du ministère des communications.

Les sentiers du bonheur

En décembre 1972, Luc Chandler fonde la chronique radiophonique, Les sentiers du bonheur, la première émission de radio aux Antilles-Guyane, sur les ondes de l’ORFT Martinique (Martinique la 1ère). Quand il tente d’obtenir un espace radiophonique pour les adventistes, il se heurte au refus farouche des dirigeants des autres églises protestantes. Toutes les émissions religieuses sont diffusées le dimanche matin. Se partageant l’antenne entre plusieurs dénominations, ces dirigeants ne souhaitent nullement qu’une émission adventiste s’y ajoute une fois par mois.

Devant cette situation, le directeur de l’ORTF a une idée. « Le samedi n’est-il pas votre jour de repos ? », demande-t-il au directeur des communications de la Mission adventiste de la Martinique. Luc Chandler répond par l’affirmative. Le directeur de la radio publique lui propose alors un temps d’antenne chaque samedi matin avant le journal d’information de 8 heures. À l’époque, à l’occasion des fêtes religieuses, comme Pâques, la Pentecôte ou Noël, une émission spéciale s’ajoute aussi judicieusement au programme régulier.

À ce jour, Les Sentiers du bonheur demeure la seule émission adventiste aux Antilles-Guyane sur les ondes d’une radio publique. Elle est aussi diffusée sur toutes les radios adventistes de ce territoire. 

L’âge d’or des publications

Luc Chandler se distingue plus encore par sa contribution phénoménale dans l’œuvre des publications, son ministère de prédilection. Sous sa direction, le nombre de représentants évangélistes explose dans les années soixante-dix à la Martinique, culminant à 85 colporteurs réguliers et 160 colporteurs occasionnels en 1974.

Un flot d’ouvrages sur la relation avec Dieu, la prophétie biblique, la vie familiale et la santé entre dans les foyers. Rêvant que chaque maison soit visitée par un représentant évangéliste, Chandler mène une campagne de recrutement dynamique pour enrôler des nouveaux colporteurs. Il considère les publications comme une méthode simple et peu onéreuse pour pénétrer dans les foyers. Il cite régulièrement cette déclaration :

« D’excellentes occasions se présentent presque chaque jour d’introduire les messagers silencieux de la vérité dans les familles et auprès des individus, mais les paresseux et les insouciants n’en profitent pas. Les vrais prédicateurs sont peu nombreux. Il n’y en a qu’un là où il en faudrait cent. Beaucoup commettent une grave erreur en n’employant pas leurs talents au salut des âmes. » (Ellen White, Testimonies, vol. 4, p. 389)

À travers les Antilles-Guyane, Luc Chandler martèle l’idée : « Là où il y a un colporteur, il devrait y en avoir cent ». Guidés par cette vision, les colporteurs des Antilles et de la Guyane battent des records de ventes dans la Division Inter-Américaine et dans le monde durant trois décennies.

Aujourd’hui, la vision d’atteindre chaque foyer pour Christ est plus que jamais d’actualité. Par les publications et les communications, mobilisons toutes nos énergies pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ crucifié, ressuscité et qui revient bientôt à chaque habitant de la terre.

Jean-Luc Chandler

Directeur du ministère des Communications

Fédération de la Martinique

UNE VIE ACTIVE POUR DIEU

1935 : Naissance au Moule à la Guadeloupe

1942 : Élève à l’école primaire et secondaire de Rousseau (Grand-Fonds du Moule), la première école adventiste aux Antilles françaises

1948 : Alliance avec Jésus par le baptême

1952 : Représentant évangéliste

1956 : Avec Étienne Plumain, premier étudiant de théologie antillais au Séminaire du Salève en France

1962 : Directeur des publications de la Mission des Antilles françaises, Épouse la foyalaise Rachelle Ferjule de l’église Horeb

1966 : Directeur des publications, et de santé et tempérance, à la Guadeloupe

1967 : Campagne d’évangélisation à la Mutualité de Pointe-à-Pitre

1968 : Consacré au ministère pastoral, pasteur de six églises

1971 : Président de la Mission de la Guyane

1972 : Directeur des publications, des communications, et de la santé, à la FEAM, Fondateur de la chronique « Les sentiers du bonheur »

1976 : Premier missionnaire antillais en France : pasteur respectivement à Paris-Nord, Paris-Sud (sept ans) et Reims

1985 : Directeur des publications, et de santé et tempérance, à la FEAM

1989 : Directeur des publications, et de santé et tempérance, à l’UAGF

1999 : À la retraite active